Décentralisation de l’Internet - Synthèse de la plénière et de l’atelier d’Autrans 2005

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Décentralisation de l’Internet - Synthèse de la plénière et de l’atelier d’Autrans 2005

Cette synthèse a été établie à partir des notes de Julien Custot [1] et de Jean-Christophe Magnenet [2]. Merci de leur contribution [3] .


L’un des intérêts d’Autrans, est la rencontre entre des interlocuteurs d’horizons divers, en provenance du secteur public, privé, civil (avec en particulier le milieu universitaire et associatif). C’est une vraie conscience collective qui émerge, avec une volonté forte et partagée de travailler pour le bien commun. La société dite civile s’y retrouve en particulier sur les axes innovants que les logiques simplement institutionnelles ont du mal à percevoir et encore plus à porter.

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Les intervenants

© Fing

Il en est ainsi de la nécessité de voir éclore en France des Gix locaux, concrétisant l’exigence de la décentralisation dans le mode d’organisation technique de l’internet. Pour bien en comprendre l’enjeu, voir le diaporama présenté à Autrans. L’organisation actuellement très centralisée en France conduit à dire clairement qu’il n’y a pas d’internet dans notre pays !
D’ailleurs s’il en fallait une preuve supplémentaire, il suffit de penser aux récentes pannes informatiques dans les télécoms ; ce qui conduit la mission d’enquête de Jean-Michel Hubert à sermonner les opérateurs et justifie le développement de petits opérateurs locaux capables d’investir le marché local via des services de proximité adaptés… Un peu à l’image de tous ces internautes qui dans les couloirs ou dans les salles d’Autrans « cherchent » à tout pris la prise électrique pour les batteries car côté connexion internet… le wifi ou le CPL du lieu s’en charge :) .

Les échanges durant la plénière [4]

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Valentin Lacambre

©photo Virginie Borlet

Après une présentation via le diaporama évoqué ci-dessus, divers arguments techniques ont été apportés pour montrer que le montage d’ un GIX n’est pas difficile : les difficultés ne sont pas d’ordre technique ou financier, mais plutôt politique. Il s’agit bien de décrypter les enjeux économiques et locaux de cette évolution nécessaire.
De ce point de vue, les services de l’Etat, les acteurs industriels locaux, les acteurs de la société civile auront, dans les prochains mois, un rôle important à jouer pour convaincre les élus et fédérer les dynamiques de tous les acteurs intéressés dont bien sûr les opérateurs et les Isp (internet serveur provider) locaux.
C’est bien le sens de l’action en influence de l’association LocalGix [5].
L’horizon étant bien les prochains mois car après ce sera trop tard ! Les réseaux numériques seront déjà en place et stabilisés.

  • Actuellement selon Valentin Lacambre [6], l’internet est en france le fruit d’une interconnexion de réseaux, connectés de manière plus ou moins aléatoire. Toutes les interconnexions d’opérateurs se faisant à Paris : « pour se connecter à un poste à 100 mètres de chez soi, il faut passer par Paris ». C’est un centralisme d’un autre âge … alors que plus de 60 % du trafic est local !
    Ce problème d’organisation globale du réseau est indépendant du problème de l’accès.

Cette organisation pose différents problèmes :

  • problèmes de sécurité : si une partie du réseau « saute », tout le réseau saute et c’est le « blackout » sur tout le territoire !
  • problème de fluidité du trafic,
  • problème d’égalité : les parisiens sont nettement favorisés (5 nœuds à Paris), avec un sur-coût pour les entreprises de Province (rapport de coût de la bande passante de 1 à 10 entre Paris et la Province) ; les fournisseurs de contenus doivent héberger leurs contenus à Paris.

En résumé quasiment tous les hébergements se font à Paris : le reste est un désert total !

Pour évaluer le développement d’internet, on pourrait faire une cartographie du coût de la bande passante. Cette carte traduirait bien l’état du développement des services autour d’internet.

A ce jour, les opérateurs privés n’ont aucun intérêt objectif à développer les GIX ; il y a même pour les opérateurs un intérêt à avoir des réseaux centralisés (simplification de la gestion du réseau, augmentation du prix de vente de la bande passante en Province, diminution du nombre d’opérateurs …).

  • Pour Samuel Triolet  [7] le GIX local permet de :
  • accélérer les communications, avec un transfert de données plus rapide,
  • réduire l’engorgement des fibres, une diminution du risque de saturation,
  • une baisse sensible du prix de la bande passante.
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    Samuel Triolet en plein exposé

    ©photo Virginie Borlet

En Europe, toutes les deuxièmes villes du pays ont un GIX : il paraît donc normal qu’il y ait un GIX à Lyon : Lyonix, le seul GIX de province.
Avant Lyonix, l’économie internet locale était en train de décliner et progressivement mourir. Aujourd’hui, il y a l’espoir de redynamiser le secteur localement.

Cf ci-dessous la synthèse de l’atelier sur les « Gix délocalisés : les moyens de mise en oeuvre »

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Claude Combes

- Claude Combes [8], souligne l’asymétrie des backbones de l’Internet. Ces artères mondiales dessinent une planète Internet plate, dont les Etats-Unis sont le centre. Le continent américain, point de départ des principales artères transcontinentales de l’Internet, est aussi le lieu d’accueil des principaux GIX mondiaux. Car les GIX sont les points d’échanges « globaux » entre grands réseaux intercontinentaux. Leur localisation est déterminée par la topologie des infrastructures privées planétaires.

Les MIX, comme celui développé à Castres, sont des dispositifs technologiquement voisins des GIX. Cependant, contrairement au GIX, le développement d’un MIX se fait par le bas, par l’agrégation des réseaux d’accès (Adsl, Wifi, CPL, …) qui drainent les flux capillaires des usagers d’une région, une communauté d’agglomération, un département, …. Dans ce dernier cas, la décision de création d’un « échangeur local de l’Internet » et sa localisation géographique relèvent d’une logique d’aménagement du territoire dans le cadre de partenariats public/privé.

Les MIX sont des infostructures métropolitaines qui font l’interface entre les réseaux d’accès, les contenus/services locaux et les backbones de l’Internet.

L’enjeu : La localisation d’un MIX pose directement les enjeux d’aménagement du territoire au niveau local !

Question de la Datar : Est-ce que les opérateurs pourraient avoir un intérêt dans le développement de GIX ?
Est-ce que l’éloignement de Paris conduit vraiment à l’augmentation du coût de la bande passante ?
Réponse : Ce n’est pas la distance qui fait le prix, mais simplement le niveau de concurrence.

Question de Bruno Salgues [9] - avec un ton un peu provocant :

    • il faut mettre des nœuds d’échange : notamment Nancy, Marseille, Bagnolet,
    • échanges locaux : il faut privilégier les échanges locaux.
      Il est bien nécessaire de développer des GIX. La question est comment les développer.

Réponse de V Lacambre : c’est une réponse technique qui permet d’optimiser la qualité technique d’internet, mais internet est avant tout un projet politique soutenue par une forte volonté publique.

Sur Castres, il est constaté que la présence de nœuds d’échange pour la connexion de petits réseaux wifi locaux crée du lien et de la continuité territoriale. Les nœuds d’interconnexion permettent de fixer des contenus et des services. Les acteurs locaux se positionnent sur ces nœuds. Le coût de la bande passante n’est qu’un élément du développement des GIX.

  • Marc Barret  [10] relate l’expérience en 1997 de mise en place d’un GIX non parisien : PEP (point d’échange de proximité).
    Le Conseil régional a financé la connexion des POP pendant une durée d’un an. Le coût pour les opérateurs était limité à l’installation d’un routeur dans le PEP.

La qualité du trafic local était améliorée, mais lorsque les liaisons POP - PEP n’ont plus été financées les opérateurs se sont désengagés. Il semble que pour les opérateurs nationaux, la mise en place de GIX locaux coûte. Dès lors qu’il y a des GIX locaux, il faut que les opérateurs puissent géolocaliser les adresses IP pour savoir où router les adresses.

Autour de la table, il aurait été intéressant d’avoir des opérateurs nationaux dans la table ronde.

  • Pour sa part Jérôme Vicente [11] s’interroge : Est-ce que les GIX participeraient à l’aménagement numérique des territoires ?

Il faut étudier les logiques des marchés des infrastructures.

  • décentralisation industrielle (multiplication des acteurs) et géographique,
  • balkanisation des infrastructures,
  • géographie de l’offre (concurrence monopolistique ; localement, il n’y a souvent qu’un opérateur) / géographie de la demande (la demande attire la demande),
  • logique d’interconnexion : logique de coopération.

Quelques hypothèses :

  • la pression concurrentielle dans les zones métropolitaines, en favorisant la baisse des prix, décroit ainsi la rentabilité des zones périphériques (plus il y a d’opérateur en zone urbaine, plus les prix baisses en zone urbaine et plus les opérateurs augmentent les prix en zone rurale),
  • l’autorisation (art 1425 LEN) conférée aux collectivités locales peut :
    • entraîner un excès de dépenses au niveau agrégé,
    • accroître le régime de concurrence imparfaite entre les régions,
    • favoriser le processus d’agglomération des activités et des hommes.

L’interconnexion favorise la diffusion des infrastructures à travers le mécanisme des externalités de réseaux. Comme il y a une géographie physique de l’internet, il est important d’avoir des réseaux locaux.
Dans l’analyse des interconnexions, on retrouve les questions et les théories développées dans le domaine des transports.

Les GIX sont d’autant plus importants qu’il y a des relations peer-to-peer, avec des relations non-anonymes.

Quelle coopération :

  • coopération entre les acteurs locaux,
  • coopération / collusion entre les opérateurs.

Pour la qualité de service et le coût, les opérateurs ont intérêt à avoir des GIX, mais un opérateur n’a pas intérêt à faire le pas le premier. Dès lors qu’un opérateur aura fait le premier pas, on peut penser que tous les opérateurs s’inscriront dans la démarche.

  • Bernard Dugas [12] - en télé-conférence
    C’est l’existence du GIX du CERN qui permet à IS Production d’exister en tant qu’opérateur local.
    L’existence d’IS Production tient aussi à l’existence de fibres optiques qui permettent de se relier au Gix sans subir les tarifs exorbitants de transport des données en France. Beaucoup des acteurs locaux qui existaient dans la région ont disparus, et le fait qu’ils n’avaient pas accès à un gix était une raison importante à leur manque de marge. Le Gix est un facteur important dans l’accompagnement des PME locales pour l’usage d’internet.
    Il faut aussi que ce réseau local soit relié aux réseaux voisins pour que le cercle vertueux des Gix grossisse.
  • Dans son intervention Michel Briand [13] situe la façon dont les choses se positionnent en Bretagne avec Mégalis (Syndicat mixte qui regroupe des services des villes, hôpitaux … sur régions Bretagne et Pays de Loire.)
    Quand l’appel d’offre de service a été lancé, il n’y a eu qu’un opérateur qui a répondu.
    L’expérience sur 4-5 ans de Mégalis a permis de créer une collaboration entre les collectivités.
    A Brest, l’association Infinie qui héberge des sociétés (télévision paye un coût très important pour le haut-débit - 75 €/mois pour une très faible qualité de service). Ce coût est tel qu’il ne permet pas d’avoir un équilibre économique pour le développement de télévisions locales, échanges de travaux entre étudiants …
    L’idée est de prendre en charge une boucle de 600 km pour connecter les GIX.
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    Michel Briand et Valentin Lacambre… en fond d’écran !

    ©photo Virginie Borlet

La mise en place d’une organisation d’un réseau local avec des GIX à un coût, mais ce coût reste faible par rapport aux charges des collectivités (par ex. sur les routes). Mégalis veut « développer le réseau des GIX » dans une « logique d’aménagement numérique du territoire ». Et « permettre à chacun d’être auteur de contenus".
Au niveau de la région Bretagne, il paraît important d’avoir une réflexion associant tous les acteurs (PCG, PCR). Une prochaine réunion se tiendra pour Mégalis 2.

Elle rappelle le contexte de développement de la demande via :

  • La desserte des principaux sites stratégiques dans les principales villes de la Communauté Urbaine du Creusot Montceau-Les-Mines : Université, Laboratoires de recherche, hôpitaux, etc.
  • La desserte de 12 Zones d’activités en fibre optique pour répondre à la demande des entreprises.
  • La desserte de la majorité des Nœuds de Raccordements d’Abonnés (NRA) de France Telecom. Ce déploiement permet à des opérateurs alternatifs de dégrouper les lignes et donc de lancer des offres ADSL nationales concurrentielles auprès de la population, et à destination des petites entreprises.

Il est indiscutable que l’infrastructure locale permet de réunir la masse critique d’usagers nécessaire à la mobilisation de l’initiative privée, et au développement des offres. Ainsi, le territoire se banalise. Il peut se maintenir dans le peloton des territoires « desservis » en haut débit dans des conditions économiques équivalentes à celles des grandes agglomérations.

Toutefois, un certain nombre de questions restent posées et alimentent les réflexions et études en cours, actuellement. Le développement de l’offre de service reste, dans ce modèle, dépendante de la stratégie des opérateurs nationaux et du fonctionnement du réseau Internet global…. Aujourd’hui, l’article L 1425-1 du Code Général des Collectivités Territoriales offre de nouvelles perspectives.

Au-delà de la question de l’activation du réseau, il reste que :

  • La démultiplication des effets de l’infrastructure nécessite de générer du trafic sur le réseau local,
  • En outre, il est inutile d’avoir du haut débit chez soi si les tuyaux qui mènent jusqu’aux sites sont saturés,
  • Les échanges qui irriguent le tissu socio-économique d’un territoire sont fortement locaux,
  • Le réseau local doit faciliter le développement et la mise en ligne de contenus et de savoir-faire locaux, le développement d’une nouvelle économie locale (pourquoi pas !),
  • La centralisation des flux sur les GIX parisiens pose question, en terme de performances, en terme de sécurité - même si le réseau est physiquement maillé, la concentration des flux sur un nombre très limités de points présente des risques ,
  • Question performance, il est aujourd’hui certain que les nouvelles applications de l’Internet nécessitent non plus seulement du débit mais aussi des délais de réponse (jeux, visioconférence, etc) - Ainsi, la proximité d’un GIX rend certains usages possibles.

On peut penser que la présence d’un GIX local ou le raccordement sur un GIX « décentralisé » peut :

  • Améliorer le débit entre deux points locaux car on reste sur une Boucle Locale (plus haut débit qu’une liaison longue distance en général).
  • Améliorer le débit local vers l’extérieur car les tuyaux longues distance sont libérés du trafic local
  • Réduire le nombre de pannes
  • Augmenter la redondance
  • Améliorer surtout les délais de réponse
  • baisser les prix du haut débit (> 10 Mo/s) pour les usagers car cela coûtera forcément moins cher aux Fournisseurs d’accès pour le trafic local-local

Faut-il l’envisager ? Nous n’avons pas répondu à cette question : tout d’abord parce que nous pensons que, si nous pouvons en tant qu’acteur public local, jouer un rôle, la réponse ne peut se construire que collectivement, dans le cadre d’un partenariat public-privé et probablement dans le cadre d’une réflexion élargie à d’autres territoires voisins.

Aider à construire une infrastructure neutre (le local existe déjà !) : oui mais d’abord mobiliser les différents intervenants, entreprises et institutionnels en organisant des espaces de discussion et de réflexion et créer une dynamique locale autour des services. Un réseau de personnes motivées est en cours de constitution au plan local. Des contacts sont en cours avec des partenaires potentiels.

Intervention de J Custot

  • intuition qu’il faut mettre des GIX,
  • neutralité nécessaire, entre collectivités, opérateurs,
  • sur la Loire, on voit des intérêts qui peuvent être divergents : il faut permettre à chacun de converger,
  • action d’une DDE pour développer une démarche, motiver et accompagner les acteurs,
  • idée d’avoir entre 1 et 100 GIX : pourquoi pas 50 GIX ?
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Question d’un participant

©photo Virginie Borlet

Intervention de Nicolas Fournier - 9 Télécom
9 Télécom a une forte logique d’interconnexion entre les opérateurs.
Présence sur Lyonix, Strasbourg. Aujourd’hui, les échanges sont assez faibles à Lyonix (qq Mbps) alors que c’est plusieurs Gbps ailleurs.

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Valentin Lacambre assis près d’une prise électrique !

©photo Virginie Borlet

L’atelier sur la mise en oeuvre d’un Gix [15]

Quelques rappels par Samuel Triolet qui anime l’atelier :
Toutes les informations échangées (données, voix, image) sur internet passe par un GIX.
En France : 5 nœuds à Paris et quelques projets dans les villes de Province.

  • Avantages :
  • techniques :
    • débit locaux restent locaux,
    • liaisons longue distance déchargées,
    • réduction des risques de pannes

Avant Lyonix : Lyon - Lyon : 16 sauts, 42 ms
Avec Lyonnix : Lyon - Lyon : 6 sauts, 9 ms
Pour la visio-conférence, la VoIP* … ces gains de temps sont fondamentaux.

  • Economiques :
    • développement économique : Aux USA, on observe que les villes qui ont un GIX se développent, les autres non
    • prélèvement des taxes (lorsqu’elles seront significatives)

Aujourd’hui, toute la valeur ajoutée de l’internet remonte à Paris. Certains usages ne sont possibles qu’à Paris.

  • Un GIX :
  • permet le peering,
  • constitue une place de marché pour acheter ou vendre de la bande passante, avec une vraie concurrence et un marché fluide.
  • Qui peut monter un GIX ?
    Tout le monde est légitime, mais l’association est certainement la meilleure formule, en respectant la neutralité,
    Lyonix, association, est soutenu par les collectivités et des entreprises.

Pour monter un GIX, il faut un lieu.
Il ne faut surtout pas mettre un GIX chez un opérateur, même si la structure porteuse est neutre (cf. le GIX de Marseille, qui s’est finalement arrêté).

  • Au niveau technique : un local, un climatiseur, un ondulateur, une armoire informatique… pas très compliqué d’installer un GIX local. Coté fonctionnement, juste un local à louer, une supervision et une maintenance à effectuer… rien de très onéreux.
  • switch ethernet (premier prix 15 € sur www.ldlc.com),
  • vlan, quelques ports Gbps ..
  • Comment faire venir les opérateurs ?
    Les réseaux des opérateurs marchent à peu près, et ne cherchent pas à venir sur des GIX déconcentrés. Pour que les opérateurs viennent, il faut qu’il y ait des clients importants.
  • Perspective à long terme :
  • rassembler une dizaine d’opérateurs internet
  • permettre à des acteurs non opérateurs de venir sur le GIX (collectivités locales, gros consommateurs)
  • autoriser la vente de transit IP
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Claudes Combes et Samuel Triolet

©photo Virginie Borlet

  • La question de la neutralité, point fondamental
    Pour Claude Combes : « on ne parle pas de neutralité sur le papier, mais dans la pratique ». Le local d’hébergement doit être neutre pour attirer les opérateurs.
    Et pour garantir cette neutralité, la structure associative est la plus adaptée. « Mais pour qu’un GIX existe en province, il faut une forte volonté des collectivités locales. Si elles ne bougent pas, cela ne marchera pas ».
    Effectivement, pour que les switch s’installent plus facilement, les collectivités locales peuvent aider à « tirer » les câbles de fibres optiques.
    Pour sa part, un représentant de la délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar) surenchérit : « C’est maintenant que les collectivités locales doivent prendre le train des GIX. C’est une problématique de l’aménagement du territoire. »

Julien Custot quant à lui, retrouve :

  • la logique des gares : on peut faire un parallèle (les villes qui ont refusé les gares… en voit aujourd’hui les conséquences),
  • la nécessité pour les collectivités de montrer la qualité des services (avec son verso : rendre public la mauvaise qualité de service),
  • les problèmes des réseaux de collecte secondaire : les collectivités pourraient mettre en place des réseaux secondaires (maîtrise d’ouvrage publique) avec possibilité de négocier ensuite,
  • la position d’oligopole trop favorisée aujourd’hui par de nombreux acteurs nationaux : les collectivités doivent intervenir pour la réduire.

LocalGIX a voulu développer quelques repères précis pour faire un GIX avec une démarche structurée et cohérente. Cf Comment faire un GIX ? et Comment faire pour peerer sur un Gix ?.

Une démarche a été initiée sur Clermont-Ferrand [16] :

  • il faut une association locale, pour assurer la maintenance du matériel, et assurer la neutralité du GIX,
  • trouver des clients à brancher, qui seront susceptibles de consommer de la bande passante (environ 20 à 30 Mbps),
  • l’association porteuse doit chercher des opérateurs nationaux, qui viendront pour un intérêt immédiat,
    Le coût de montage d’une opération doit prendre en compte le local, la mise en place de la fibre … Le coût de maintenance est assez réduit.

Le coût pour un opérateur de venir se brancher à Lyonix est de 3 000 à 10 000 € / an.

Aujourd’hui, le coût de la bande passante est un élément important pour l’activité de tous les industriels du net. Les hébergeurs internet ont tendance à progressivement suivre leurs serveurs à Paris : les services s’installent progressivement à Paris.

Un GIX a le plus de chance d’émerger sur les territoires où il y a une volonté politique forte. C’est presque une condition nécessaire.

Aujourd’hui, pour être un petit opérateur local, il faut louer un câble entre la ville et Paris, avec un coût à 5 000 € par mois. Avec un GIX local, le coût du câble sera notoirement réduit. Le business plan de l’opérateur local peut alors être cohérent.


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Bruno Oudet, merci à lui pour l’accueil à Autrans

©photo Virginie Borlet



le 6 février 2005 par Redaction LocalGix
modifie le 19 juillet 2009

Notes

[1] Julien Custot : Chargé de mission haut-débit au Ministère de l’Equipement (Direction du personnel, des services et de la modernisation / Direction départementale de l’Equipement de la Loire)

[2] Jean-Christophe Magnenet : Cf sa synthèse

[3] Les imperfections ou inexactitudes seront alors du seul fait de l’auteur de cet article.

[4] « La décentralisation de l’Internet - l’émergence des GIX »

[5] LocaGix créée à l’été 2004 a notamment pour objectif de motiver et d’accompagner les collectivités locales et autres acteurs locaux pour créer des GIX locaux ( Cf la présentation )

[6] Valentin Lacambre : Président de Gitoyen et acteur du registar Gandi

[7] Samuel Triolet : Président de l’association Lyonix, le premier point d’échange de trafic Internet de Lyon et sa région - http://www.lyonix.net/

[8] Claude Combes : Directeur Informédiatique - Directeur technique et prospectives du projet Intermédiasud

[9] Bruno Salgues : Directeur d’Etudes à l’Institut National des Télécommunications

[10] Marc Barret : INRIA Rhône-Alpes - A lire aussi la question des Interconnexions

[11] Jérôme Vicente : chercheur LEREPS (Laboratoire d’Etudes et de Recherche sur l’Economie, les Politiques et les Systèmes sociaux - Université de Toulouse 1 - cf en téléchargement « Balkanisation » des infrastructures de télécommunications et aménagement numérique des territoires. Une approche par « l’économie géographique des réseaux »

[12] Bernard Dugas : IS-Production intervenant en pays de Gex

[13] Michel Briand : Enst Bretagne, élu vert de Brest

[14] Josette Juillard : Chargée de Mission Haut débits à la Communauté Urbaine Creusot Montceau

[15] « Gix délocalisés : les moyens de mise en oeuvre »

[16] . ::Journée : Gix Locaux - 10 Juin 2004 - Clermont-Ferrand ::. - GixInterconnexion

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